06/12/2012

"Le géranium de Monsieur Jean", Michel Torrekens

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Le 22 novembre je recevais Michel Torrekens pour la sortie de son roman "Le géranium de Monsieur Jean" édité chez Zellige.

Ce magnifique roman évoque la fin de vie de Jean, ancien horticulteur, qui voit son espace de vie se réduire à une chambre de maison de repos. Alors qu'on pourrait penser qu'il va se morfondre, au contraire c'est l'occasion pour lui dévoquer ses souvenirs, de profiter encore des petits bonheurs et de remettre en perspective sa vie. Plein de poésie et de trouvailles narratives, ce livre a ému tous ceux qui l'ont lu jusqu'à présent.

Nous étions près de 75 personnes à venir écouter l'auteur,  natif de Gembloux et bien connu des Gembloutois.

Une très belle soirée dont voici quelques photos en noir et blanc. Dès que j'ai récupéré le fichier avec mes photos, je le poste sur facebook. 

Vu l'affluence, la soirée a eu lieu à la Clé des champs, sur la place de l'Orneau. Merci à Annick et Greta pour leur accueil.

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10:15 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans, Zellige | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gembloux, roman, michel torrekens, auteur belge, animation |  Facebook |

12/11/2012

L'embellie, Audur Ava Olafsdottir, éditions Zulma

littérature scandinave, Zulma, Audur Ava Olafsdottir

Par l'auteur du livre "Rosa Candida", une belle histoire de femme.

La narratrice, en instance de divorce, se voit confier la garde de Tumi, le fils de sa meilleure amie.Seule et un peu perdue, elle décide de faire le tour de son île, l'Islande, en voiture avec ce petit garçon différent. 

J'ai été emportée par l'histoire, douce et violente à la fois, très humaine et attachante.

Un très beau roman et une traduction réussie.

Laurence

14:47 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans, Zulma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature scandinave, zulma, audur ava olafsdottir |  Facebook |

07/11/2012

Prix Goncourt 2013

Une fois n'est pas coutume, voici un livre que j'ai beaucoup aimé et qui vient de recevoir le prix Goncourt,

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"Le sermont sur la chute de Rome" de Jérôme Ferrari aux éditions Actes Sud.

Si vous êtes passés par la librairie depuis septembre, vous l'avez sûrement vu au tableau et je vous l'ai peut-être conseillé.

 

L'histoire se passe en Corse où deux jeunes gens décident de reprendre un bar-tabac grâce à l'aide financière du grand-père d'un des deux.

La situation et l'ambiance du bar peuvent paraître idylliques mais on sent sourdre la violence derrière et peu à peu tout va changer. La fin du livre pose des questions essentielles sur notre vision du monde et ce que nous voulons faire de notre vie.

L'écriture, de toute beauté, vous porte durant tout le livre.

Je me réjouis qu'il ait reçu le prix. 

14:30 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actes Sud, Actualité et animations, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature française, prix, actes sud |  Facebook |

19/07/2012

"L'argile et la craie", Jules Boulard, éditions Weyrich, l'avis de Jacquy

Comment réagissent les soldats qui sont sortis vivants de la boucherie de la 1ère guerre mondiale. J’avais déjà lu des romans de ce style, ils se passaient en France. L’avantage de celui-ci est qu’il se passe chez nous, que nous pouvons visionner les lieux.

 

Visionner les lieux mais aussi retrouver l’atmosphère  qui était rapportée par mes grands-parents. De ce côté, je crois que les lecteurs de ma tranche d’âge aimeront probablement plus ce roman que les jeunes. Je me trompe ?

 

L’école primaire du début des années 60 n’était guère différente de celle décrite ici. Surtout quand on a eu comme instituteur un presque retraité, ancien combattant de 40-45.

Savez-vous que la première demi-heure de chaque jour était consacrée au catéchisme ? A l’école communale des garçons. Impensable maintenant. Et pourtant, tout le monde était présent. Certains parce qu’il le fallait bien.

 Le curé était réellement quelqu’un de très influent. Les tensions entre Calotins et Rouges bien réelles, arbitrées par les Bleus libèrô . Surtout dans les jours précédant les élections communales.

 

Le personnage principal remet trop souvent ses cauchemars sur le tapis. Mais, je suis persuadé que c’est vraiment ce qui se passait dans leurs têtes. Je n’ai jamais eu la certitude que des Léonce Parisot ont sévi dans la région. Mais les commérages allaient  bon train à ce sujet.

D’ailleurs, il suffisait de regarder les traits du visage de x : c’est le portrait tout craché de y.

 

Le curé ressemble assez à celui qui m’a baptisé mais que je n’ai que peu connu. Sûr de son fait, sévère paraît-il. Tiens ! Il n’y a pas de bedeau dans le livre ? Bizarre.

La différence est qu’il faisait sonner les cloches à toute volée quand l’équipe de balle pelote du village était championne !

J’ai connu un autre curé qui fonçait sur son vélo pour demander aux gens de fermer leur porte parce que les Jéhovas arrivaient.

 

Voilà, je ne parlerai pas du style d’écriture : je laisse cela à ceux qui ont suivi les études « pour ».

Mais si j’ai bien aimé, c’est sans doute aussi parce que le style est « aéré », avec beaucoup de dialogues pour rendre la lecture plus passionnante et réaliste.

11:42 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans, Weyrich | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l'avis de jacquy, auteur belge, weyrich |  Facebook |

13/06/2012

" La note secrète", Marta Morazzoni, Actes Sud.

note.gifDans un tout autre style que mon article précédent, voici un roman qui ravira les amateurs de romans historiques et d'aventure.

L'histoire se passe au 18° siècle en Italie. La Comtesse Paola Pietra est enfermée à 13 ans dans un couvent milanais où la soeur Rosalba, maîtresse de chant, découvre sa très belle voix de contralto. Peu à peu on vient de loin pour les écouter chanter les louanges du Seigneur à travers les barreaux de l'église. Un ambassadeur anglais succombe au charme de la voix de soeur Paola. Et lors d'une veillée funèbre, John Breval aura l'occasion de  secourir la jeune soeur et la rencontre sera le début d'un amour réciproque mais impossible. Cependant, grâce à l'aide de soeur Rosalba, les amoureux vont pouvoir fuir Milan pour se réfugier à Venise avant d'entamer un  long voyage vers la patrie de Lord John Breval.

Mais on ne quitte pas les ordres religieux comme on veut, et les autorités religieuses voudraient récupérer la brebis égarée dans le "vrai monde".

On pourrait croire à une histoire facile mais le roman est magnifiquement écrit par une auteure italienne confirmée qui n'hésite pas à prendre la parole durant son récit et à apostropher le lecteur. 

Les personnages sont magnifiquement croqués dans leurs contradictions et leurs doutes que ce soit les amoureux, la mère supérieure du couvent ou les soeurs de l'ambassadeur.

Un tout bon roman.

Laurence

10:29 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actes Sud, Romans | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : auteur italien, roman |  Facebook |

16/03/2012

"La Liseuse", Paul Fournel

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Sorti en janvier, ce livre pourrait passer inaperçu parmi les livres à forte actualité et pourtant il aborde un sujet très délicat pour nous libraires et pour vous lecteurs.

En effet, le titre ne parle par d'une femme qui lit (bien que...) ni d'une lampe de lecture ou d'un couvre-livre mais bien de ces petits appareils dont on nous vente monts et merveilles et qui devraient remplacer ce viel objet qu'est le livre papier. Vous savez ce vieux truc qui sent mauvais, qui s'abîme si on verse de l'eau dessus et qui fait ringard.

Eh bien voilà, Robert Dubois, éditeur de son état, reçoit de la part de son directeur financier, une liseuse. C'est une jolie stagiaire qui la lui apporte un vendredi soir. Tous les futurs livres qu'il pourrait éditer (ou pas) s'y trouvent, il n'est donc plus besoin de prendre un cartable bien lourd rempli de livres pour le week-end.

"Gaston"Dubois apprend donc à se familiariser avec l'engin. Plus question d'annoter avec un crayon, de s'endormir dessus. C'est froid, trop petit pour son vieux cartable, trop grand pour sa poche mais il va faire un effort et l'emmener au parc pour voir.

En même temps que cette liseuse, et comme s'il se réveillait tout à coup, notre éditeur découvre qu'il y a de jeunes stagiaires qui travaillent gratuitement dans la maison d'édition qui porte son nom. Tient, et si on faisait connaissance? Et si on réfléchissait à l'avenir du livre qui n'en a peut-être plus d'ailleurs. Voilà donc notre vieil éditeur avec cette bande de jeunes inventant la nouvelle édition grâce aux nouveaux modes de communication.

Je ne vous cache pas mon désarroi en tant que libraire face à cette nouvelle technologie. Si le livre numérique s'installe dans les habitudes des jeunes générations, nous, les libraires n'auront plus notre place dans cette nouvelle façon d'éditer. En effet, quoi de plus simple aujourd'hui que de télécharger livre ou musique depuis son ordinateur sur son mp4, son ipod ou sa tablette?

J'ai moi-même acheté une liseuse pour voir ce qu'on pouvait en faire. Je ne suis pas enthousiaste mais je suis de la "vieille" génération. Pourtant je lui concède quelques qualités : maniable, pouvant contenir un grand nombre de livres et finalement ne se déchargeant pas très vite. Mais je ne retrouve pas facilement le passage que j'ai envie de relire et l'écran est assez sombre.

En revanche j'ai vraiment aimé ce livre de Paul Fournel. C'est bien écrit, c'est enlevé, c'est plein d'humour et c'est poétique; dans tous les sens du terme puisque, quand on a finit le livre, on découvre que Paul Fournel a utilisé une forme poétique du XII° siècle.

Parler d'une nouvelle technologie en utilisant une vieille forme poétique, c'est du grand art.

 

Laurence

 

édité chez P.O.L., 16€

07/02/2012

Deux petits bijoux édités chez JC Lattès

D'un auteur que j'ai découvert fin 2009 et qui est venu à la librairie pour son livre précédent "Western", voici le nouveau livre d'Akli Tadjer, La meilleure façon de s'aimer.

 

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Saïd vient rendre visite aussi souvent qu'il le peut malgré sa vie professionnelle et affective en déroute à sa mère, murée dans le silence depuis son attaque cérébrale. La communication entre la mère et le fils a toujours été difficile et les paroles d'amour assez peu nombreuses mais le lien existe et s'est amélioré avec la mort du père.  Akli Tadjer nous décrit en parallèle la vie du fils et celle de la mère enfermée à  l'hôpital d'où elle s'échappe grâce à ses souvenirs.  Elle pense à son pays, l'Algérie, aux gens qu'elle y a connus et qui l'ont trahie. Elle se souvient surtout de la petite fille en jaune, le soleil de ce très beau roman plein de tendresse où l'humour n'est jamais loin.

Souvenirs de la rencontre avec Akli Tadjer

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2010/01/2...

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2010/02/1...

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2010/03/1...

 

Deuxième livre de chez JC Lattès, Grégoire Delacourt, La liste de mes envies.

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J'ai lu ce livre en une journée, impossible de m'en détacher. L'histoire est belle, simple avec une point d'humour aussi et très attachante. Jocelyne a épousé Jocelyn. Lui est ouvrier, elle tient une mercerie  à Arras et un blog, "dixdoigtsdor" qui est très suivi. Elle a 47 ans, deux enfants et un ange. La vie n'a pas toujours été facile avec Jocelyn mais les rêves se sont envolés pour laisser place à la vie telle qu'elle est avec ses hauts et ses bas mais malgré tout agréable. Jusqu'au jour où le hasard lui apporte quelque chose de fabuleux mais aussi de dangereux. Que faire dans ces cas-là, partager, annoncer ou pas cette fabuleuse nouvelle au risque de tenter le diable et de perdre ce qu'on a construit pour l'inconnu?

L'auteur arrive à décrire les sentiments des uns et des autres de très belle manière. 

 

Voilà deux bons livres lumineux que je vous conseille.