30/03/2012

Armel Job à la librairie, le 27 mars 2012

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Nous étions une vingtaine pour écouter Armel Job nous parler de son métier d'écrivain et de son parcours littéraire que nous avons évoqué grâce à la réédition du livre "La malédiction de l'abbé Choiron" aux éditions Weyrich et de son nouveau roman "Loin des mosquées" édités chez Robert Laffont.

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Armel Job nous a expliqué qu'il créait ses personnages à partir de l'observation du monde et de son envie de réfléchir à des situations auxquelles on peut être confrontées. Comment peut-on réagir face à tel problème, quelles sont les possibilités qui s'offrent à chacun face à celui-ci.

 

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Il nous a expliqué que pour "La malédiction de l'abbé Choiron", il avait voulu illustrer la période qu'il avait connue juste après la guerre dans les campagnes d'Ardenne. Il se souvient que ses grands-parents et ses parents parlaient wallon entre eux et avec les les clients de son père ou avec les voisins mais que lui et ses frères ne pouvaient absolument pas le parler.

 

Son désir était de faire un roman français utilisant les tournures de phrases ou les expressions wallonnes. En 1998, ce roman a tout de suite été accepté chez l’Harmattan car  l’éditeur était originaire du Nord de la France et avait une collection ouverte à ce genre de littérature. Mais les éditions Robert Laffont avait déjà remarqué sa plume grâce au roman « La Reine des Spagnes » et par la suite tous ses autres romans ont été édités chez Robert Laffont.

 

Je lui ai demandé s’il devait faire des concessions face aux lecteurs français mais il nous a répondu que ce n’était pas nécessaire, à part quelques mots qui permettent de mieux se faire comprendre de part et d’autre de la frontière, il n’a pas d’obligation de la part de Robert Laffont d’utiliser un français épuré de tout belgicisme.

 

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Armel Job nous a également expliqué qu’il travaillait tous les matins à ses romans et qu’il n’avait généralement pas d’idée préconçue sur la tournure de son roman.

 

Il part d’une idée générale avec quelques personnages et développe peu à peu son intrigue ainsi que le caractère des personnages.

 

C’est ainsi qu’il a fait pour son dernier roman « Loin des mosquées » dont certains personnages comme Yasemin n’avait pas du tout le rôle qu’il lui fait jouer finalement.

 

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Ce roman-ci est d’ailleurs pourvu de quatre narrateurs différents afin de multiplier les points de vue et de mieux faire avancer l’histoire. Il avait envie aussi de changer un peu puisque généralement il écrit des romans à la première personne.

 

Le sujet de ce roman dont nous vous avons déjà expliqué le sujet par ailleurs

 

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2012/03/0...

 

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2012/02/1...

 

lui a été inspiré, nous a-t-il dit, par un mariage turc qui avait eu lieu dans le réfectoire de l’école où il était directeur à une époque. Ce mariage était totalement arrangé avait-il appris par sa fille qui connaissait le marié. Ce fait l’avait marqué et il a voulu y réfléchir au travers d’un roman. Qu’est-ce qui pour pousse un jeune homme ayant réussi de brillantes études à suivre la tradition ancestrale d’épouser une femme qu’on ne connaît pas ? Comment réussit-on ce genre de mariage quand il n’y a pas d’amour alors qu’en occident où le mariage d’amour est de mise, les divorces sont légions ?

 

La condition des femmes est évidemment évoquée dans ce roman. Et là aussi l’auteur nous montre la complexité de la réflexion sur la liberté de la femme. En effet, les femmes peuvent se rebeller face aux dictats des hommes (ici d’origine turque) qui considère que la femme leur  est inférieure ou en tout cas qu’elle ne peut prendre son indépendance ou face aux dictats de notre société européenne où  pour être conformes à ce qu’on attend d’elles, elles doivent répondre à certains critères de beauté, d’efficacité et d’indépendance.

 

Ces réflexions sont distillées tout au long du roman grâce aux différents personnages et c’est ce qui en fait un bon roman. En effet, dénué de démonstrations ampoulées mais, avec un soupçon d'humour bienvenu, ce roman incite le lecteur à réfléchir tout au long de sa lecture

 Je vous le conseille vivement.

 

Laurence

 

09/03/2012

Prix sorcière 2012

C'est Anne Herbauts éditée chez Casterman qui a reçu le prix Sorcière 2012 dans la catégorie album.

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Très beau livre sur un enfant aveugle voulant découvrir le vent.

De belles illustrations, une belle mise en page. Un livre à lire les yeux ouverts et fermés.

Une belle récompense pour cette illustratrice belge.

En stock à la librairie, 19.50€

 

Dans la catégorie première lecture : "L'enfant" de Colas Gutman dans la collection mouche de l'école des loisirs. Nous l'avons lu, bien aimé et conseillé aussi.

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A quoi sert un enfant? Voilà la question que posent les animaux à Léonard en promenade à la campagne. Drôle de question mais qui va lui permettre de réfléchir sur son existence. Une question forte traitée avec humour et légèreté.

 

Laurence

17/02/2012

"La petite fêlée aux allumettes", Nadine Monfils

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Vous l'aurez compris si vous parcourez le blog, j'attends toujours les livres de Nadine Monfils avec impatience. Son univers surréaliste et poétique, son écriture décalée et ses personnages cocasses me font bien rire. Mais si on lit attentivement sous l'humour se cache une pointe de nostalgie, de solitude dans tous ses livres.

Celui-ci ne déroge pas à la règle. On rit, on tremble, on se dit "oh là là mais où va-t-elle chercher tout ça? Hein Mémé Cornemuse c'est pas de la tarte quand même...

L'histoire débute avec quelques chapitres qui nous présentent les personnages principaux. Peu à peu ceux-ci vont se croiser et les interactions vont commencer. C'est parti pour 250 pages de folie.

Nous sommes à Pandore, monde imaginaire récurrent chez Nadine Monfils. Nake, jeune femme désorientée, vient de perdre sa grand-mère dans la main de laquelle elle a retrouvé une boîte d'allumettes. Chaque fois qu'elle en craque une, Nake a des visions. Bientôt elle se rend compte qu'elle voit les scènes de crimes qui ont lieu pour le moment à Pandore et qui font référence aux contes de fées, Blanche Neige, Chaperon rouge. Et si le coupable était le voisin du dessus?

L'inspecteur Cooper et son second Michou vont mener l'enquête qui va se révéler cruelle et pleine de rebondissements. Heureusement (?)aidés par une Mémé Cornemuse sans scrupule et complètement folle, tout va se dénouer.

Je ne vous en dit pas plus, ça ne se raconte pas, ça se lit.

Si vous voulez rencontrer Nadine Monfils, elle doit venir le 13 mars à la librairie. Plus d'information d'ici peu.

Laurence

 

D'autres articles sur Nadine Monfils

http://librairieantigone.skynetblogs.be/nadine-monfils/

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2010/05/3...

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2010/03/1...

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15/02/2012

Deux ouvrages "made in Belgium" à ne pas manquer...

Voici deux livres « bleu blanc Belge » que j’ai eu l’occasion de dévorer dernièrement.

Commençons avec « Les veilleurs de chagrin » de Nicole Roland.

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Un seul mot me vient en tête pour décrire ce que j’ai vécu lors de sa lecture : « Mama-mia!»

Esther est anthropologue. Un jour, elle est appelée à se rendre au Kosovo, un peu après la guerre des années 90. Là-bas, elle sera chargée de déterrer les ossements des citoyens massacrés, leur rendre leur identité et ainsi permettre à leur famille de commencer leur travail de deuil. Cette mission ô combien difficile, sera aussi l’occasion d’une vaste remise en question pour Esther, torturée dans son âme depuis longtemps déjà.

A la lecture de ce petit résumé, je suis presque certaine que vous avez déjà compris. Compris que ce livre est d’une grande profondeur. Il m’a beaucoup touché, de par son histoire et l’écriture limpide, splendide et sentimentale (non pas comme on l’entend d’habitude) de Nicole Roland, l'auteur de « Kosaburo, 1945 ».

Si vous êtes à la recherche d’un livre qui vous prend aux tripes, celui-ci est fait pour vous !

 

Le second livre dont j’aimerais vous parler est « Loin des mosquées », le dernier roman d’Armel Job. 

 

 

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En général, je suis attirée par des ouvrages originaux, étonnants qui m’apportent quelque chose d’un point de vue émotionnel ou qui m’éclairent un tant soit peu sur le monde qui m’entoure. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue en lisant celui-ci.

L’intrigue est là, du début à la fin. La manière dont est construit le roman est inattendue et peu commune. Il parle d’amitié, d’amour mais aussi de la femme musulmane, sa place au sein de la famille, du mariage, du couple et ce en la présentant, de façon romancée, sous différents aspects. L'auteur le fait de manière douce, intelligente et nuancée. Il est aussi question des traditions et de la position de l’homme dans tout cela. Je n’en dirai pas plus de peur de vous gâcher le plaisir.

Non seulement l’histoire est prenante mais sa morale est enrichissante. Beaucoup de choses sont possibles, par amour ou par amitié, quelque soit notre religion. Voilà ce que j’ai surtout retenu de cet ouvrage bien que certains agissements au sein de familles islamiques radicales décrits dans le livre, font froid dans le dos. Quoi qu’il arrive, l’espoir est toujours là et peut aider à résoudre bien des problèmes.

 

Je terminerai en disant : « Lisez du Belge! ». Dans notre petit pays, nous avons la chance d’avoir de grands auteurs. Profitons-en. Moi-même je découvre ce monde littéraire et je n’en suis pas déçue. Pas le moins du monde.

 

Bonne lecture !

Emilie.

03/06/2011

Charles Bricman, 18 mai

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"Comment peut-on être belge?" Voilà le titre du livre de Charles Bricman édité dans la collection Café Voltaire chez Flammarion.

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D'emblée nous lui avons demandé comment ce livre lui était venu et la réponse était simple : c'est une commande de l'éditeur Flammarion. En France les gens ne comprennent pas ce qui se passe dans ce petit pays voisin du leur, il s'est donc simplement inséré dans la collection Café Voltaire parce que le but des ouvrages de cette collection est de réunir les gens autour d'un thème et de donner des clefs de compréhension sur un sujet donné. 

L'auteur, qui fut journaliste au journal "Le Soir", directeur d'un département de recherche en techno-biologie, est maintenant chroniqueur indépendant sur son propre blog "on a des choses à se dire" http://blog.pickme.be/. Il était donc particulièrement bien désigné puisqu'il essaie de prendre de la hauteur par rapport à l'actualité.

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Selon Charles Bricman, il est important de connaître l'histoire de la Belgique depuis sa création pour comprendre ce qui se passe actuellement or nous manquons de repères historiques. En effet, en Wallonie peu de cours existent sur l'histoire contemporaine de la Belgique et en Flandre, les cours d'histoire parlent principalement de la Flandre.

Son livre débute sur un événement majeur pour l'histoire actuelle de notre pays : la déclaration de Gaston Eyskens du 18 février 1970 qui entama la réforme de l'état en modifiant la Constitution Belge. Pour l'auteur on a ouvert la boîte de Pandore sans avoir réfléchit réellement aux décisions à prendre or, selon lui, trois clivages existent en Belgique :

Catholiques /libres penseurs

Flamands / francophones

droite/ gauche

et Bruxelles est au milieu ne sachant sur quel pied danser.

Il est flagrant que nous ne nous connaissons plus. Ces clivages sont très importants et très marqués et nous ne faisons pas d'effort pour comprendre les citoyens de l'autre côté de la frontière linguistique. Nous manquons d'empathie envers l'autre communauté. Selon Charles Bricman, il est aussi très surprenant de constater qu'en général les politiques socio-économiques sont principalement de gauche alors que le pays est majoritairement de droite du point de vue des votes. Donc comment aboutir à une réforme quand les protagoniste sont si différents.

Mais à l'heure actuelle le vrai problème c'est, d'une part, le désintérêt total de la population pour la politique. La Belgique en tant qu'état n'intéresse plus personne, les hommes politiques n'ont plus de programme global puisqu'ils n'ont rien à défendre de l'autre côté de la frontière linguistique et les Belges ne considèrent pas que l'Etat c'est eux. Il n'y a donc aucune revendication de la part du peuple. Il a pris l'exemple de la France qui a fait sauté les paras sur Paris en 1959 parce que plus rien de marchait. Ici cela fait bientôt 4 ans que tout est bloqué mais rien ne se passe.

Ici ce n'est pas le cas puisque les Régions gèrent déjà beaucoup de choses et que l'Etat a l'air de tourner.

Malheureusement il y a de très graves décisions à prendre pour les pensions, les impôts, pour la justice, etc et rien ne se décide à cause de cette crise. Selon Charles Bricman, le prochain gouvernement va devoir prendre des décisions très impopulaires et qui vont être très dures à cause du retard pris.

Et en ce qui concerne la réforme de l'Etat, selon l'auteur, pour arriver à un vrai Fédéralisme comme en Suisse ou en Allemagne, il faudrait plutôt réfléchir à ce que l'on veut encore faire ensemble plutôt que de tout détricoter comme on le fait actuellement.

Comme vous le voyez c'était un vrai Café Voltaire, nous avons réfléchi et argumenté. C'était une soirée très riche en informations et en réflexions.

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Laurence

12:23 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations, Flammarion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : animation, flammarion, belgique |  Facebook |

14/04/2011

Rencontre avec Jean-Pierre Verheggen

Le 7 avril à 20h nous avons eu le plaisir de recevoir Jean-Pierre Verheggen, poète gembloutois bien connu. Lors de cette rencontre nous avons parlé de sa participation au recueil de nouvelles "Suivez mon regard" édité par l'Institut du patrimoine Wallon.

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Ce fut l'occasion pour lui d'évoquer son enfance à Gembloux, ses grands-parents coutelliers, et la langue de son enfance. Car la langue est son outil de travail et la source même de son inspiration.

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Il nous a avoué avoir envoyé ses premiers textes à Louis Aragon qui lui a répondu et donné quelques conseils. Grâce à cet échange de courriers, il a continué à écrire et participé à la revue TXT dans les années 60. Si ses thèmes ont évolué avec l'âge, sa manière de travailler la langue est sensiblement la même; à partir d'un thème, il cherche le registre sémantique s'y rapportant et travaille ces mots pour leur donner sens et les tronquer. Comme ses lecteurs le savent et comme nous avons pu en faire l'expérience durant la soirée, l'humour est toujours présent dans ses textes et sa joie de vivre est contagieuse.

 

Dans son nouveau recueil édité chez Gallimard Poète bin qu'oui, Poète bin qu'non?, trois thèmes sont rassemblés en trois parties. La première contient 36 poèmes en hommage aux poètes illustres ou non qui l'ont marqué. La deuxième évoque la vieillesse et la troisième s'amuse de ces nouveaux mots qui ne veulent rien dire mais que tout le monde utilise pour être "dans le vent".

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Jean-Pierre Verheggen a également participé à la chaire de poétique organisée par la Faculté de philosophie, arts et lettres de l'Université catholique de Louvain en 2009.  Son texte a été édité ches Lansman cette année et il est intitulé "J'aime beaucoup ma poésie". Et s'il reconnaît volontiers que c'est pour lui une belle reconnaissance d'être étudié dans les universités également en France comme à La Sorbonne depuis de nombreuses années, il aime surtout partager sa poésie en la lisant à haute voix devant un public.

Monsieur Verheggen, nous pouvons dire nous aussi que nous aimons beaucoup votre poésie.

 

Laurence

 

04/03/2011

Des rencontres pour tous les goûts

Nous soutenons le Télévie! Le samedi 02 avril de 13h30 à 15h30, trois auteurs dédicaceront le recueil de poèmes Les Parfums de l'encre édité par le cerlce littéraire gembloutois "Les trois portes".

Le jeudi 07 avril à 20h, Jean-Pierre Verheggen, poète gembloutois, viendra nous présenter son nouveau recueil édité chez Gallimard et le livre Suivez mon regard! de l'Institut du Patrimoine Wallon.

Le mardi 03 mai à 20h, Bernard Tirtiaux nous parlera de ses deux livres, Prélude de cristal et Lueurs parus tous les deux aux éditions Lattès.

Enfin, le mercredi 18 mai à 20h, nous recevrons Charles Bricman pour son essai Comment peut-on être belge?, paru chez Flammarion.

Pour rappel, la participation aux rencontres est gratuite, sans réservation et sans obligation d'achat.

15:29 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : animation, belgique, gembloux, gallimard, jc lattès, poesie, société |  Facebook |