05/05/2017

Le Châle de Marie Curie, Déborah Lévy-Bertherat, Rivages.

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Déborah Levy-Bertherat nous avait charmées, il y a deux ans, avec son superbe roman Les fiancés ; elle revient aujourd’hui avec un troisième récit, intitulé Le châle de Marie Curie. Encore une fois, l’auteure aborde avec délicatesse et humanité une thématique qui, de prime abord, pourrait faire peur aux lecteurs : la maladie, en l’occurrence, le cancer du sein qui touche ses deux héroïnes, Elsa et Kahina.


La première est juive française, la seconde musulmane kabyle. Elsa a 39 ans, pas d’enfant, si ce n’est les petits êtres crayonnés qu’elle fait naître sur le papier (le dernier en date, qu’elle esquisse tout au long du roman, est un enfant-loup bondissant, prénommé Camille, fille ou garçon, elle ne sait pas encore) ; Kahina a 57 ans, douze enfants, dont seul le dernier est né au pays, un petit bout d’homme qui grandit et qu’elle sent lui échapper d’autant plus vite depuis qu’elle est partie pour se faire soigner en France.

Les deux femmes se rencontrent une nuit, dans cette chambre de l’hôpital Marie Curie où elles doivent chacune subir une opération le lendemain. Elsa n’en est pas à sa première et envisage les choses avec une relative sérénité ; Kahina est plus inquiète : on lui a dit que c’était « juste » un kyste, mais n’a-t-on pas voulu la protéger en lui cachant la vérité ? Au cours de cette nuit, Elsa et Kahina vont s’échanger des paroles, des silences, des contes et des souvenirs. Elles vont dire ou taire ce qu’elles ont de plus intime. Partager des makrouts aux dattes et du lait étoilé. Tisser un lien invisible pour affronter l’inconnu qui les attend au matin.

Si la maladie et la mort sont des sujets qui font peur, la littérature – et le roman, en particulier – est sans doute l’un des biais le plus propice pour les appréhender. Déborah Levy-Bertherat ne craint pas d’explorer l’intime et de nous inviter à plonger en nous-même accompagnés de personnages attachants, ordinaires mais singuliers, comme chacun d’entre nous. L’auteure prend garde à ne pas appesantir son récit ou à le prolonger plus que nécessaire, au contraire Le Châle de Marie Curie se lit agréablement en une soirée, porté par une écriture fluide, une mise en page aérée et l’approche tout en douceur de Déborah Lévy-Bertherat.

 

 

 

11:51 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Rivages, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maladie, cancer, rencontre |  Facebook |

27/04/2017

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin

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Japon, XIIe siècle. Katsuro, pêcheur d’un modeste village, se noie dans la rivière. Pour Miyuki, sa veuve, c’est un compagnon de vie qui lui est tragiquement enlevé ; pour le village entier, c’est la menace d’un déshonneur. En effet, Katsuro était un pêcheur renommé, fournisseur de carpes d’ornement pour les étangs sacrés de la cour impériale. Son mari disparu, c’est Miyuki qui est chargée d’emmener les carpes à Heiankyo.

Courageuse, la frêle jeune femme entreprend cette longue traversée semée d’obstacles et de rencontres plus ou moins heureuses. Si les désillusions et le découragement frappent Miyuki confrontées à la violence des éléments, à l’âpreté du chemin et aux trahisons humaines, elle est également portée tout au long de son périple par l’amour qui l’a unie à Katsuro. Celui-ci lui revient en mémoire dans les gestes qu’il lui a appris pour veiller sur ses carpes, dans le souvenir de ses propres récits de voyage, des paysages qu’il lui a décrits, des auberges dont il lui a parlé, dans les réminiscences aussi du plaisir et de la complicité partagée.

Le Bureau des Jardins et des Etangs est un roman d’une sensualité envoûtante et d’une sensibilité exquise. L’écriture délicate et subtile demande à être savourée à petites doses, laissant chaque parfum, chaque arôme, chaque frôlement d’étoffe toucher vos sens et vous ravir.

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin, Editions Stock

 

14:15 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans, Stock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roman français, stock, didier decoin |  Facebook |

19/04/2017

Fête de la librairie indépendante ce samedi 22 avril

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Cette année encore, le syndicat des libraires francophones de Belgique s'est associé à l'action de l’association Verbes qui, depuis 19 ans, se mobilise pour  La Fête de la Librairie par les libraires indépendants, version française de la San Jordi catalane. La tradition catalane veut que le 23 avril, jour de la San Jordi -patron des libraires- l'on offre un livre et une rose. Cet évènement est devenu, sous l'égide de l'Unesco, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.

 Plus de trente-cinq libraires belges indépendants y participent et offriront à leurs clients, le samedi 22 avril,  un livre emblématique de leur métier :  

       

"Le Corps du livre"

 

 Ce livre d'exception créé en partenariat avec les Editions Actes Sud est une enquête menée pour élucider cette énigme : que raconte la jaquette d'un livre? Qu'est-ce qui pousse le lecteur à s'en emparer sur les tables des librairies?

 C'est un hommage nourri aux pionniers des métiers de l'illustration, du graphisme et de la typographie en France.

Ce sont des témoignages écrits d'éditeurs contemporains sur la genèse de leurs couvertures mémorables.

             Nous espérons que ces pages, qui vous parlent du Corps du livre, sa couverture, son habillement, vous raviront et susciteront chez vous  l'émerveillement et le désir d'en découvrir d'autres.

           La force de cette journée est de mettre en valeur ce que la librairie apporte d'irremplaçable à la vie du livre, et plus particulièrement à la création qu'elle se doit de déchiffrer, de défricher, de partager dans son équipe et de commercialiser

14:44 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : animation, librairie indépendante |  Facebook |

07/04/2017

Attention changement de lieu pour la rencontre avec Armel Job

Vu l'intérêt porté à cette rencontre, nous vous accueillerons dans un endroit plus spacieux :

Rendez-vous à 19h30 à L'Espace de Rien rue Léopold n°4.

 

Au plaisir de vous voir!

14:42 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations, Robert Laffont | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rencontre, armel job, auteur belge |  Facebook |

01/04/2017

Deux bandes dessinées rendant hommage aux peintres : "Natures mortes" (Dargaud) et "Monet. Nomade de la lumière" (Lombard)

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Une lecture de circonstances en ce premier jour d’avril ! En effet, Zidrou et Oriol nous proposent une histoire mystérieuse où l’on vogue entre fiction et réalité, à la fois doutant de la véracité des faits exposés et tenté de croire à l’étrange destin d’un peintre catalan méconnu : Vidal Balaguer.

Né le 7 janvier 1873 à Barcelone, Vidal Balaguer est l’un des représentants les plus talentueux du modernisme catalan. Comme nombre d’artistes de l’époque, Balaguer mène une vie de bohême. Un temps financé par son père, il se retrouve criblé de dettes le jour où celui-ci lui coupe les vivres. Balaguer refusant de vendre ses toiles, sous prétexte qu’elles sont une partie de lui-même, est poursuivi par ses créanciers, mais aussi par la police qui le suspecte d’avoir tué sa maîtresse et muse, Mar Monzo. Les disparitions inexpliquées se succèdent autour de Balaguer, le plongeant dans une angoissante confusion et le poussant aux hypothèses les plus folles.

Deux pages explicatives en fin d’album décrivent le parcours de ce peintre atypique, tombé dans l’oubli.

Natures mortes, Zidrou et Oriol, Dargaud.

 

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Autre peintre, de renom celui-ci : Monet est mis à l’honneur par Salva Rubio et Efa. Ceux-ci lui ont consacré un superbe roman graphique. Retraçant la vie du peintre et, à travers elle, l’histoire du mouvement impressionniste, ils offrent au lecteur curieux une belle introduction au personnage et à ses tableaux. Les deux auteurs ont également eu la bonne idée d’ajouter quelques pages très intéressantes présentant leur démarche en mettant en vis-à-vis leurs planches et les tableaux de Monet, et argumentant leurs choix et partis pris.

Monet. Nomade de la lumière, Efa et Rubio, Le Lombard.

28/03/2017

Horaire pour les vacances de Pâques

 

Chers clients,

 Durant les vacances de Pâques,

 

la librairie Antigone sera fermée  

le lundi.

 Le mardi ouvert à 12h jusque 18h.

 

L’horaire sera de 10h à 18h

du mercredi au samedi.

 

Bonnes vacances et joyeuses fêtes de Pâques à tous!

10:11 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/03/2017

Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger, Actes Sud, Babel.

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- (…) tu vois, je me dis que chaque fois qu’on sourit, c’est autant de gagné.

- Autant de gagné sur quoi?

-Je sais pas… Sur les jours où on ne sourit pas ?

 

Envie ou besoin de sourire, de vous laisser prendre par la main, de vous glisser dans un livre-cocon, une belle histoire aux personnages attachants ? Lisez Marie-Sabine Roger ! Par exemple, Trente-six chandelles, son dernier roman paru en poche aux éditions Actes Sud (collection Babel).

Trente-six chandelles, c’est l’âge de Mortimer, notre « héros » ; c’est aussi l’âge auquel meurent stupidement tous les hommes de la famille Decime (autrefois « Décimé », avant que les accents prémonitoires n’aient été effacés), le jour de leur anniversaire, à la 11ème heure. Mortimer est le dernier représentant de cette famille. C’est pourquoi le 15 février marquant l’avènement de ses 36 ans, ayant préalablement résilié le bail de son appartement, vendu sa voiture et vidé son frigo, il s’allonge sur son lit dans son costume de futur défunt, résigné à cet ultime rendez-vous. Évidemment, ce qui ne devait pas arriver arrive : 11h01, 15, 30… Mortimer est toujours vivant.

Pourquoi le destin ne s’est-il pas présenté ? Quelle est l’histoire de cette étrange famille ? Autour d’une bonne crêpe et d’un mauvais khawa,  entouré de ses amis Nassardine et Paquita, Mortimer remonte le fil des événements et s’interroge sur ce bonus de vie qui lui est octroyé.

14:50 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actes Sud, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amitié, mort, famille, humour |  Facebook |