28/04/2016

C'est du belge (3) : Les enfants de la Résistance Tomes 1 et 2, Benoît Ers et Vincent Dugomier, Le Lombard

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Les enfants de la Résistance, une série de bandes dessinées qui invite un public jeune à découvrir les dessous de la Résistance en suivant le parcours d’enfants de leur âge : François, Eusèbe et Lisa.

François est le narrateur. Il a 13 ans et son insouciance s’envole bien vite quand il est confronté au pas des Allemands dans la rue, à l’arrivée d’une petite belge germanophone dont les parents ont disparus (en réalité, Lisa est allemande et ses parents ont été exécutés, car ils s’opposaient au régime nazi), à la mort au front de Martin, le jeune éclusier du village…

Écœuré, révolté par ce qu’il observe et ce qu’il entend, François décide de résister à l’ennemi. Avec son ami, Eusèbe, il imprime des tracts et les distribue dans le village. Les deux enfants provoquent également un sabotage pour enrayer les projets de l’occupant.

Progressivement, les enfants découvrent qu’ils ne sont pas les seuls à mener des actions de résistance et ils s’interrogent sur la manière de relier ces personnes afin de créer un véritable réseau structuré et efficace.

Présentée comme l’adaptation du journal d’un enfant pendant la guerre, cette BD offre un point de vue original et très intéressant. Chaque tome est agrémenté d’un dossier « pour en savoir plus ». Le premier aborde les témoignages d’enfants sur la guerre, la situation de la France au moment de l’armistice, l’exode des populations civiles (il n’est pas inutile de rappeler aux jeunes que leurs propres grands-parents ou arrière-grands-parents ont eux aussi été des réfugiés) et les débuts de la Résistance en 1940. Le deuxième développe la question de la Résistance : comment des individus isolés ont-ils pu se réunir pour créer des réseaux de résistants et comment ces réseaux se sont-ils développés ? D’autres sujets sont évoqués également : la question de prisonniers de guerres et celle peu souvent évoquée des prisonniers coloniaux ; la politique raciale des nazis (avec un rappel de ce qu’est le racisme, intéressant à rappeler aussi en nos temps troublés) ; enfin, sont abordées les différents pactes et alliances entre pays durant cette guerre mondiale.

Les enfants de la Résistance, Tome 1 Premières actions – Tome 2 Premières répressions, Benoît Ers et Vincent Dugomier, Le Lombard

17:05 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans album de jeunesse, Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lombard, guerre, enfants, résistance, histoire |  Facebook |

14/04/2016

Une nouvelle maison d'édition à découvrir : L'Antilope

L’Antilope est une toute jeune maison d’édition créée en octobre 2014 par Gilles Rozier et Anne-Sophie Dreyfus et dédiée à la culture juive. Leur ambition est de publier de grands textes yiddish restant à découvrir, des écrivains israéliens contemporains, de la littérature judéo-américaine, de jeunes auteurs polonais, allemands, etc. à raison de cinq parutions annuelles. Les deux premiers titres ont vu le jour au début de cette année. Nous vous invitons à les découvrir sans attendre !

 

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Véra et Tsiona se sont rencontrées quand elles étaient enfants. Chacune ont leur version de ce premier contact, mais toutes deux s’accorderont pour dire qu’un lien particulier les unit depuis. Lorsque vient l’heure du choix pour leur vie d’adulte, Véra décide de rejoindre son père, artiste à Paris ; Tisona, quant à elle, intègre un kibboutz. Un peu plus d’un an après son départ, Véra débarque au kibboutz. Que s’est-il passé à Paris ? Elle ne peut en parler. Tsiona l’accueille, la protège, comme une sœur. Mais ce lien, si fort, survivra-t-il à l’arrivée de Yossef, aux mensonges et aux non-dits ?

À travers le destin de deux héroïnes qui s’aiment comme deux sœurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l’État d’Israël. Une période peu décrite jusqu’à présent dans la littérature israélienne.

Comme deux sœurs, Rachel Shalita, traduit de l’hébreu par Gilles Rozier, L’Antilope.

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Je n’éprouve pas le moindre désespoir. Aujourd’hui j’ai eu quinze ans et je vis confiant en l’avenir. Je vois devant moi du soleil, du soleil, du soleil…

Ces mots, Yitskhok Rudashevski les écrit dans le ghetto de Wilno le 10 décembre 1942. Le 1er octobre 1943, il sera assassiné à Ponar. Son journal fut retrouvé après la guerre par l’une de ses cousines, seule rescapée de la famille.

Yitskhok Rudashevski raconte la vie au ghetto, la peur permanente, mais les joies aussi : celle du crissement de la neige sous ses pas, d’aller à l’école, d’étudier, de s’investir dans des cercles de théâtre et d’histoire. La culture et l’histoire, deux piliers de la vie de ce jeune garçon qui, alors même qu’il est au cœur d’un événement dont l’ampleur le dépasse, se fait un devoir d’interroger les habitants du ghetto, de consigner leurs témoignages et de tenir un journal, car il est essentiel à ses yeux d’écrire l’Histoire dès aujourd’hui et de penser à l’avenir. Un adolescent qui fait également des liens entre cette guerre qu’il vit et celle qui s’est jouée un quart de siècle plus tôt.

Yitskhok Rudashevski nous livre un témoignage poignant : à la fois lucide et lumineux.

Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943 (Journal), de Yitskhok Rudashevski, traduit du yiddish par Batia Baum, L’Antilope.

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15:08 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juifs, kibboutz, ghetto, guerre, journal |  Facebook |

13/02/2016

Un instant de grâce, Clémence Boulouque, Flammarion

instantdegrace.jpgPar ses absences, au lieu d’avoir cantonné ses élans vers quelques êtres, comme tant ruminent leurs affections, son père l’avait poussée à chercher plus loin – elle regardait les gens, aimait voir le monde.

Petite fille, elle lui avait écrit des lettres chaque soir. En fermant les yeux l’été, la brise était devenue ses mains absentes qui s’agitaient pour la rafraîchir. Elle avait appris à occuper le vide et à s’y tenir droite : la danse lui avait martelé d’aller au-delà de la souffrance – et l’absence, à occuper sa peine. Elle avait la tristesse compliquée, compensée en recevant le monde comme un cadeau, en cherchant à se dilater à ses mesures. Petit à petit, ses lettres avaient cessé d’être écrites pour leur destinataire. Elles étaient comme un poème : une prière qui ne demande pas à être exaucée.

Il lui avait offert le vide. Ne pas recevoir l’équivalent de ce que l’on donne, ne pas s’y attendre. Désirer sans souhait.

Nous sommes en 1964, à Dublin. Audrey Hepburn, actrice adulée, oscarisée en 1953 pour son rôle dans Vacances romaines, icône chic de Givenchy, retrouve son père qu’elle n’a plus vu depuis près de 30 ans. Cette rencontre est organisée par son mari de l’époque, l’acteur Mel Ferrer.

Pourquoi Joseph Ruston a-t-il abandonné sa fille alors qu’elle n’avait que cinq ans ? Audrey ne le saura jamais vraiment et, là n’est peut-être pas le plus important. Comment cette petite fille a-t-elle surmonté l’abandon paternel ? Comment a-t-elle vécu les drames de la guerre dont son père, fasciste convaincu, était l’un des rouages ? Comment cette femme s’est-elle nourrie de cette absence, des privations, des déceptions (elle rêvait d’être danseuse étoile, mais fut jugée trop grande) pour devenir l’actrice que l’on connaît aujourd’hui ? Voici ce que Clémence Boulouque aborde avec délicatesse et sobriété, dans un roman concis qui donne envie de découvrir plus avant la vie et le talent d’Audrey Hepburn.

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14:08 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Flammarion, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : audrey hepburn, père, guerre |  Facebook |

02/02/2016

Emmanuelle Pirotte, "Today we live", Cherche midi

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J'avais envie de vous parler de ce beau roman, sorti en septembre et que j'ai lu en décembre pendant la grande période de fêtes qui m'a tenue un peu absente de mon blog.  Le livre m'a tellement plu, que l'auteure viendra nous en parler et faire une séance de dédicaces le 23 février à la librairie. Qu'on se le dise!

L'histoire se passe en Belgique en 1944 durant la dernière offensive allemande en Ardenne.

Les Allemands arrivent dans le village de Stoumont, et Renée, petite fille juive de 7 ans, ballottée de famille en famille depuis le début de la guerre doit encore quitter son refuge. Le curé qui l'accueille l'emmène à travers la campagne enneigée pour essayer de mettre la fillette en sécurité. Quand au loin il aperçoit une jeep américaine, il croit avoir trouvé la solution mais il va jeter l'enfant dans la gueule du loup car les Américains sont en fait des SS Allemands déguisés faisant partie de l'Opération Greif dont l'objectif était de s'infiltrer dans les lignes ennemies afin de tenter de saboter leurs positions.

Les deux soldats allemands décident de tuer la fillette et l'emmènent à pied dans la forêt pour l'exécuter. C'est sans compter l'aplomb ou la désinvolture de Renée, qui ayant soif, se baisse pour manger de la neige. Ce geste ainsi que celui de se retourner pour voir son bourreau vont déstabiliser un des deux soldats et l'inciter à tuer son compagnon d'arme pour la sauver.

Son geste, Mathias, ne le comprend pas. Que va-t-il faire de cette gamine? Après trois jours à se cacher dans les bois, il décide de la confier à des fermiers qui attendent dans leur cave que la dernière offensive se termine.

Mais peu à peu le doute s'installe dans la tête de Mathias, a-t-il bien fait de la laisser là? Pourquoi l'a-t-il sauvée?

Les héros principaux sont entourés d'une galerie de personnages secondaires très convaincants inspirés sans doute de tous les témoignages qu'on a pu recueillir à la fin de la guerre.

L'auteure, grâce à son écriture efficace, mène l'action d'une main de maître et nous donne à lire une histoire palpitante.

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04/05/2015

Les fiancés, Déborah Lévy-Bertherat, Rivages

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Madeleine et Max se sont rencontrés à l’âge de 8 ans. La petite fille est tombée immédiatement amoureuse de ses cheveux noirs et de ses yeux de loup. Quelques années plus tard, ils se sont fiancés en cachette. Puis, Max est parti faire la guerre en Indochine, sans un au revoir. Il lui avait pourtant promis de la rejoindre pour la dernière danse au bal du 14 juillet. Mais il l’a laissée, sans un mot, et n’est jamais revenu.

Soixante plus tard, Madeleine commence à perdre la mémoire. Elle est placée dans une résidence : la Maison de l’Espérance. Là, elle n’en croit pas ses yeux : Max est revenu, elle l’a retrouvé, enfin. Elle semble si heureuse que le vieil homme qu’elle prend pour son ancien fiancé n’ose la détromper et se retrouve malgré lui dans la peau d’un autre.

René, quant à lui, est fils de garde-barrière. Enfant, il rêvait d’être conducteur de train pour rendre les gens heureux, jusqu’au jour terrible de ses 14 ans. René était marié à Giselle. Ensemble, il tenait un magasin de jouets et ils avaient une fille, Nadège. Giselle n’est plus et sa fille est aujourd’hui bien loin, mais René continue de lui écrire inlassablement les petites choses du quotidien. René se confie peu, mais il a bien des secrets : une maquette qu’il peaufine et dont il est le seul à connaître les détails cachés et un dossier blanc tout en haut de l’armoire auquel personne ne peut toucher.

René voudrait dire la vérité à Madeleine, mais comment lui expliquer sans lui faire de mal ? Et comment tout lui avouer sans qu’elle cesse de l’aimer ? Puis, René en est sûr : Madeleine, il l’a déjà rencontrée. Il reconnaît son regard de petite fille. Et il a besoin de ses confidences pour réveiller sa mémoire et retrouver où et comment leurs chemins se sont déjà croisés.

Déborah Lévy-Bertherat signe une belle histoire d’amour, de mémoire, d’enfance et de deuils irrésolus. Une histoire qui nous rappelle que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir… Et, inversement, que l’espérance fait vivre. Que tout est toujours possible tant que le point final n’est pas écrit.

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14:44 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : amour, mémoire, souvenirs, guerre, deuil |  Facebook |

10/09/2013

"Le quatrième mur", Sorj Chalandon, Grasset

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Sorj Chalandon nous offre à nouveau un livre magnifique et pourtant sur un thème de guerre encore une fois.

Le narrateur, Georges, activiste de gauche durant les années 68-73 en France, fait la promesse à son ami, Samuel, metteur en scène de monter Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth durant la guerre du Liban.

Nous en sommes en 1982 et Samuel, grec de confession juive rêve d'une trêve de deux heures pour jouer cette pièce avec un acteur de chaque camp, chrétien, druze, palestinien, shiite et sunnite. Incapable de réaliser son rêve, Georges va prendre la relève et découvrir un pays où chaque communauté est magnifique mais n'arrive pas à s'entendre avec l'autre.

Malgré toute la bonne volonté, Georges n'arrivera pas à imposer cette trêve et va être happé par la guerre.

J'ai refermé ce livre complètement bouleversée.

Un futur prix littéraire de cet automne assurément. => Il a reçu le prix Goncourt des lycéens.

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10:56 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Grasset | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rentrée 2013, roman, guerre, prix |  Facebook |

10/12/2012

14, Jean Echenoz, éditions Minuit

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Petit roman par la taille mais grand roman par la qualité. D'une écriture concise et recherchée grâce à laquelle on est plongé dans l'horreur de la Grande Guerre comme on l'a surnommée. 

5 hommes s'en vont à la guerre la fleur au fusil, certains que celle-ci ne va pas durer, une jeune femme enceinte attend le retour de l'un d'entre eux. Comment vont-ils vivre cette guerre du côté des combattants ou des civils.

Je ne dévoilerai rien de plus mais je vous le conseille vivement.

Laurence

 

 

12:41 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Minuit, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : auteur français, roman, guerre |  Facebook |