17/02/2015

J'écris parce que je chante mal, Daniel H. Rondeau, Quadrature

 

 

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J’écris parce que je chante mal. Il y a trois ou quatre ans, j’ai découvert ce titre par hasard sur le stand du Québec à la Foire du livre. A l’époque, ce recueil de courtes nouvelles m’a accompagnée pendant quelques semaines, j’en grappillais quelques passages de temps à autre, puis je l’ai lu et relu juste pour le plaisir.

Si j’ai été surprise et décontenancée par la brièveté des textes (une phrase, un paragraphe, quelques pages tout au plus), j’ai vite été charmée par ces instantanés que nous propose Daniel Rondeau. L'auteur a le verbe juste, la métaphore originale, l’art de toucher au cœur et à l’essentiel en quelques mots. Il nous raconte nos joies et nos blessures, nos défaites et nos victoires. Le quotidien banal, en somme. Mais qui, sous la plume de Daniel Rondeau, se transforme en petit bijou d’écriture et de lecture.

 

Et c’est pour quoi si :

Il y a aussi ces matins que je contemple mais qui signifient si peu, où j’essaie de plier des cuillers par la force de ma pensée, où le chat du voisin attend qu’un poisson sorte de la bouche d’égout. Ces matins, mes espoirs se muent en peurs devant des tests de grossesse trop fatigués pour être clairs.

Parfois :

Il y a des matins que j’aime, pour rien, où le soleil est levé depuis quelques jours, où joue à la radio la chanson dans ma tête. (…) Ce sont des aurores où je traverserais des océans en espérant secrètement ne jamais fouler d’autres terres que celles que j’ai labourées avec mes doigts, un temps où tout m’est connu, où j’ouvre le dictionnaire à la bonne page, où le café garde sa mousse. Ces matins, je m’ouvrirais un restaurant, un bar, un hôtel de passe, les veines des poignets, n’importe quoi pour ne plus jamais partir.

Il y a des matins où l'on se réjouit en découvrant que ces nouvelles de Daniel Rondeau sont publiées chez Quadrature (et que l'auteur sera présent à la Foire du livre de Bruxelles).