16/03/2012

"La Liseuse", Paul Fournel

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Sorti en janvier, ce livre pourrait passer inaperçu parmi les livres à forte actualité et pourtant il aborde un sujet très délicat pour nous libraires et pour vous lecteurs.

En effet, le titre ne parle par d'une femme qui lit (bien que...) ni d'une lampe de lecture ou d'un couvre-livre mais bien de ces petits appareils dont on nous vente monts et merveilles et qui devraient remplacer ce viel objet qu'est le livre papier. Vous savez ce vieux truc qui sent mauvais, qui s'abîme si on verse de l'eau dessus et qui fait ringard.

Eh bien voilà, Robert Dubois, éditeur de son état, reçoit de la part de son directeur financier, une liseuse. C'est une jolie stagiaire qui la lui apporte un vendredi soir. Tous les futurs livres qu'il pourrait éditer (ou pas) s'y trouvent, il n'est donc plus besoin de prendre un cartable bien lourd rempli de livres pour le week-end.

"Gaston"Dubois apprend donc à se familiariser avec l'engin. Plus question d'annoter avec un crayon, de s'endormir dessus. C'est froid, trop petit pour son vieux cartable, trop grand pour sa poche mais il va faire un effort et l'emmener au parc pour voir.

En même temps que cette liseuse, et comme s'il se réveillait tout à coup, notre éditeur découvre qu'il y a de jeunes stagiaires qui travaillent gratuitement dans la maison d'édition qui porte son nom. Tient, et si on faisait connaissance? Et si on réfléchissait à l'avenir du livre qui n'en a peut-être plus d'ailleurs. Voilà donc notre vieil éditeur avec cette bande de jeunes inventant la nouvelle édition grâce aux nouveaux modes de communication.

Je ne vous cache pas mon désarroi en tant que libraire face à cette nouvelle technologie. Si le livre numérique s'installe dans les habitudes des jeunes générations, nous, les libraires n'auront plus notre place dans cette nouvelle façon d'éditer. En effet, quoi de plus simple aujourd'hui que de télécharger livre ou musique depuis son ordinateur sur son mp4, son ipod ou sa tablette?

J'ai moi-même acheté une liseuse pour voir ce qu'on pouvait en faire. Je ne suis pas enthousiaste mais je suis de la "vieille" génération. Pourtant je lui concède quelques qualités : maniable, pouvant contenir un grand nombre de livres et finalement ne se déchargeant pas très vite. Mais je ne retrouve pas facilement le passage que j'ai envie de relire et l'écran est assez sombre.

En revanche j'ai vraiment aimé ce livre de Paul Fournel. C'est bien écrit, c'est enlevé, c'est plein d'humour et c'est poétique; dans tous les sens du terme puisque, quand on a finit le livre, on découvre que Paul Fournel a utilisé une forme poétique du XII° siècle.

Parler d'une nouvelle technologie en utilisant une vieille forme poétique, c'est du grand art.

 

Laurence

 

édité chez P.O.L., 16€

08/03/2012

Aujourd'hui c'est la "journée de la femme"

Un livre pour illustrer cette journée?

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Loin des mosquées d'Armel Job.

 

Emilie vous en a déjà parlé mais je l'ai fini il y a quelques jours et il m'a beaucoup plu.

Ce livre illustre sous la forme du roman la condition des jeunes femmes musulmanes en Europe sous l'emprise du père et des frères. Elles n'ont pas droit à la parole, au choix amoureux ou tout simplement à une vie à l'européenne. La tradition est la plus forte apparemment et que la famille soit arrivée en Belgique récemment ou pas, les moeurs européennes ne passent pas la porte de certaines maisons. Un récent procès en Belgique nous l'a encore prouvé.

L'auteur viendra nous parler de son livre et de sa carrière le mardi 27 mars à 19h45.

Laurence

11:42 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations, Robert Laffont | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : armel job, animation, littérature belge, société |  Facebook |

05/04/2011

"Rose" - Tatiana de Rosnay

 

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Rose est une dame d'une soixantaine d'années qui, pendant que les travaux d'embellissement d'Haussman menacent son quartier, nous raconte par des lettres adressées à son mari décédé quelle fût sa vie. Faisant cela, elle remonte le temps et met au jour à la fois le Paris de son enfance et ses vieux métiers oublliés en même temps que sa vie de femme, entre enfance malheureuse, mariage heureux et quotidien serein de petite bourgeoise. Ce sont des histoires d'amour qu'elle nous livre: celui qu'elle éprouvait pour son mari, celui de cette maison dans laquelle il avait toujours vécu qu'il lui a fait promettre de ne jamais quitter...quelles que soient les circonstances. C'est alors le visage d'une dame déterminée qui apparaît alors au lecteur. Qui sera plutôt une lectrice.

En effet, ce roman ma foi bien écrit est plutôt réservé à un public féminin puisqu'il traite à la fois de moments-clé de la vie féminine (accouchements,...) ainsi que d'intérêts plus légers tels que toilettes, organisation d'un ménage, fleurs et parfums. Son intérêt réside selon moi dans la description d'un Paris-village oublié et d'une époque particulière, celle des grands bouleversements qu'a connu le Second Empire. Par ailleurs, on y retrouve la "patte" de Tatiana de Rosnay, celle que l'on rerouve dans d'autres de ses romans, notamment dans "Elle s'appelait Sarah", à savoir que l'auteur aime construire son récit à partir d'un lieu de vie précis, généralement un appartement, qui peut être considéré comme un pesonnage à part entière.

 

Cynthia

 

Tatiana de Rosnay, Rose, éd. Héloise d'Ormesson, 21,70 euros

10:54 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Héloise d'Ormesson, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romans feminins, société, paris |  Facebook |

04/03/2011

Des rencontres pour tous les goûts

Nous soutenons le Télévie! Le samedi 02 avril de 13h30 à 15h30, trois auteurs dédicaceront le recueil de poèmes Les Parfums de l'encre édité par le cerlce littéraire gembloutois "Les trois portes".

Le jeudi 07 avril à 20h, Jean-Pierre Verheggen, poète gembloutois, viendra nous présenter son nouveau recueil édité chez Gallimard et le livre Suivez mon regard! de l'Institut du Patrimoine Wallon.

Le mardi 03 mai à 20h, Bernard Tirtiaux nous parlera de ses deux livres, Prélude de cristal et Lueurs parus tous les deux aux éditions Lattès.

Enfin, le mercredi 18 mai à 20h, nous recevrons Charles Bricman pour son essai Comment peut-on être belge?, paru chez Flammarion.

Pour rappel, la participation aux rencontres est gratuite, sans réservation et sans obligation d'achat.

15:29 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Actualité et animations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : animation, belgique, gembloux, gallimard, jc lattès, poesie, société |  Facebook |

17/02/2011

Comment peut-on être belge?

"Comment peut-on être belge?", c'est la question que Charles Bricman, journaliste et directeur du service juridique de l'ULB, nous pose. Comment avoir un sentiment de patriotisme vis-à-vis d'un pays qui se tient continuellement sur le fil du rasoir et que d'aucuns décrivent plutôt comme une création politique que comme une nation ayant ses racines dans une seule histoire. Nous vivons dans un pays qui fût un courant d'air militaire.

 

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Charles Bricman entend "tenter de comprendre pour aider à comprendre". Il retrace l'évolution de notre vie politique et de sa bipolarité depuis les années 1970 en ponctuant son propos de retours en arrière, jusqu'en 1831, afin de nous faire comprendre le pourquoi de l'impasse actuelle.Il nous propose de mieux cerner le passé afin d'envisager au mieux l'avenir - s'il existe- de notre pays.

Nous avions déjà constaté lors de la parution en novembre de "L'histoire de la Belgique pour les nuls", que les belges francophones, et les jeunes en particulier, ne connaissaient pas bien notre pays. Il est vrai qu'à l'école, mais également à l'Université, il n'existe que peu ou prou de cours d'histoire consacré à l'histoire politique de la Belgique dans la deuxième moitié du XXème siècle.

Le livre de Charles Bricman est donc à lire et à conseiller pour remettre ses connaissances à jour et avoir sur notre pays un regard pertinent.

Cynthia

Comment peut-on être belge?, Charles Bricman, Flammarion, coll. "Café Voltaire"

13:29 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Essais, Flammarion | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : auteur belge, belgique, nouveauté, société |  Facebook |

27/10/2010

"La Mecque-Phuket" - Saphia Azzedine

 

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                La Mecque ou Phuket, faire son devoir ou se faire du bien, c'est le dilemme auquel est confronté Fairouz, jeune femme indocile et de son époque qui partage son temps entre la faculté de psychologie et son HLM de banlieue dans lequel elle vit avec sa famille d'origine algérienne. Ses parents sont les seuls de l'immeuble à n'avoir pas encore réalisé leur pélérinage à la Mecque et s'inquiètent de ce que pensent leurs voisins de cet état de fait. Obnubilés à l'idée de ne pas paraître de bons musulmans, ils en oublient leurs devoirs parentaux à l'égard des frères et soeurs cadets de Fairouz.

                 Avec sa soeur Kalsoum, elles ont l'idée de cotiser durant toute l'année pour offrir ce voyage à leurs parents. Lorsqu'elles remplissent leur tirelire après un quelconque job, elles ne peuvent s'empêcher de penser à ce qu'elles auraient pu s'offrir à elles-mêmes. Fairouz commence dès lors à s'interroger sur le bien-fondé des religions, sur le sens du devoir famillial, sur la notion du mal et du bien, sur la place qu'occupe respectivement les garçons et les filles dans la famille,...Elle décide donc de ne pas demander pardon à Dieu mais de le remercier, la suite est dans le titre!

              La Mecque-Phuket est un très chouette roman, frais, sympa, pas moralisateur pour un sous et qui amène à la réflexion non pas à coup de grandes théories mais plutôt grâce à des exemples concrets vécus par une jeune fille "fière et musulmane". Je l'ai lu en une soirée et j'ai adoré!

Cynthia

La Mecque-Phuket, Saphia Azzedine, éd. Léo Scheer, 17 euros.

 

10:57 Écrit par Laurence - Librairie Antigone dans Romans | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : romans feminins, voyage, léo scheer, société |  Facebook |